Du pain sur la plancheLe Rapport Mucyo est truffé des contre-vérités et de faux documents, ce qui entame toute sa crédibilité. |
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Samedi 17 novembre 2007, j’ai appris par Euronews, rubrique “D’autres nouvelles en bref” qu’une commission ''ad hoc'', chargée d’examiner le rôle de la France dans le génocide d’avril 1994 au Rwanda, avait remis son rapport de 500 pages au président de la république rwandaise, le général en retraite Paul Kagame. Je me suis dit : « Bonne affaire ! Pourvu que ce rapport soit accessible au public. Il y en a qui le défendront “mordicus” ; tandis que d’autres s’acharneront à le démonter pièce par pièce ». J’ai émis un souhait : « Que cette commission ne s’arrête pas à mi-chemin, qu’elle examine aussi les rôles respectifs dans le génocide de tous les acteurs de l’Histoire du Rwanda en 1994 : les Etats-Unis, le Royaume Uni, le Canada, la Belgique, l’Ouganda, le Burundi, la Tanzanie et surtout celui du FPR à la lumière des récentes publications ». Qu’il me soit permis d’en évoquer quelques unes seulement : - Karemera E., Le drame rwandais: les aveux accablants des chefs de la Mission des Nations unies pour l’assistance au Rwanda, Ed. Sources du Nil, Lille, 2007. Une réflexion de ce genre m’est venue d’un fait qui a frappé mon esprit en 2000. Le 12 mars de cette année, au cours d’une messe solennelle en la basilique Saint Pierre de Rome, le pape Jean Paul II (1978-2005) d’heureuse mémoire demanda pardon pout tous les péchés commis par « les filles et les fils de l’Eglise au cours de ses 2000 ans d’existence ». Certains médias, certains lobbies et certains milieux déjà mal disposés ne comprirent pas le sens du geste du Souverain Pontife et s’adonnèrent à un véritable « haro sur le baudet » (Pour comprendre le sens de l’expression “ haro sur le baudet ”, il faut avoir lu la fable“ Les animaux malades de la peste” de La Fontaine. Comme ceux qui fréquentent ce site ne l’ont pas nécessairement tous fait, je mets ladite fable en annexe du présent article. Sa longueur n’augmentera que d’une demi-page à peine). A vrai dire, le Pape voulait inviter les décideurs de ce monde à faire de façon que le troisième millénaire de notre ère soit, à tout point de vue, meilleur que les deux qui l’ont précédé. Pour que cela arrive, il faut nécessairement que ces grands décideurs fassent, chacun pour son compte, honorable amende du commerce des armes, d’une distribution injuste des richesses et de la technologie, des épisodes tristes qui ont marqué l’histoire universelle comme : la traite négrière, la colonisation, les atrocités du communisme, les méfaits d’un capitalisme sauvage, etc. Le pape avait sûrement en tête la suivante prophétie d’Isaie et se rendait compte que la « conversion » de ces grands décideurs constitue la condition « sine qua non » pour sa réalisation : « De leurs épées, ils forgeront des pioches, et de leurs lances, ils feront des faucilles. Dans un langage zoomorphiste, ces fauves (lions, loups, etc.) sont des personnes en chair et en os. Ce sont les grands décideurs de ce monde comme on dit habituellement. Comme on pouvait s’y attendre, ces décideurs n’ont ni entendu l’appel du Pape, ni suivi son exemple. Maintenant, les conséquences sont devant nos yeux : le risque d’une guerre nucléaire est réelle, la course aux armements recommence, la lutte contre le terrorisme fait autant, si pas plus, de victimes innocentes que le terrorisme lui-même, les gaz à effet de serre provoquent des changements climatiques générateurs de catastrophes naturelles d’une ampleur jamais vue, etc. Bref, les perspectives sont est sombres. Au niveau du Rwanda, ces fauves sont tous les protagonistes de la tragédie de 1994 et ceux qui sont venus s’y ajouter après : les membres des syndicats de délateurs, les groupes de pression, certains juges injustes (du TPIR au « Gacaca » en passant par les tribunaux ordinaires), ceux qui se sont attribués indûment les biens des autres, etc. La paix reviendra au Rwanda si et seulement si chacun de ces protagonistes procède à un examen de conscience, fait amende honorable et demande sincèrement pardon. Il est juste d’analyser le rôle de la France, mais cela ne constitue même pas le dixième du travail de réconciliation qui devrait commencer sans délai. Si les choses n’évoluent pas dans ce sens, il n’y aura pas à craindre ce que ces commissions “ad hoc” veulent découvrir, mais plutôt ce qu’elles veulent cacher. Les Rwandais ont déjà un mauvais souvenir de l’exécrable commission parlementaire du 20 janvier 2004 « chargée d’enquêter sur les tueries dans la province de Gikongoro, l’idéologie génocidaire et sur ceux qui la fomentent au Rwanda ». Sous le couvert de la loi n° 47 / 2001 du 18 décembre 2001 portant « Répression des crimes de discrimination et pratique de sectarisme », le rapport des travaux de cette commission consigné le 14 juin 2004 fut à la base d’une véritable chasse à l’homme semblable aux « purges staliniennes » de 1935 à 1938. L’esprit de cette loi n° 47 / 2001 du 18 décembre 2001 est que « chaque Rwandais de l’ethnie des Bahutu est de nature génocidaire réel ou en puissance, pour la bonne raison que tous les Bahutu naissent avec les germes d’une étrange pathologie appelée ‘‘idéologie génocidaire’’ »”. L’équipe chargée de traquer les accusés de génocide en fuite à l’étranger mise sur pied le 14 novembre 2007 par le gouvernement rwandais semble un prolongement tout fait de cette commission de malheur. Le cœur palpitant, les Rwandais, et avec eux le monde entier, attendent le rapport de la commission « ad hoc » chargée d’élucider l’attentat du 6 avril 1994 qui coûta la vie au président Juvénal Habyarimana du Rwanda, à son homologue du Burundi Cyprien Ntaryamira et à leurs suites par l’abbattement de l’avion à bord duquel ils voyageaient, en phase d’atterrissage à l’aéroport de Kanombe à Kigali. « Vérité soit faite » sur la tragédie du Rwanda. Inutile de continuer à chercher des boucs émissaires. C’est l’avenir du pays des Mille Collines, celui de ses fils et filles qui est en jeu. Annexe unique : Les animaux malades de la peste Un mal qui répand la terreur, / Mal que le Ciel en sa fureur / Inventa pour punir les crimes de la terre, / La Peste [puisqu'il faut l'appeler par son nom] / Capable d'enrichir en un jour l'Achéron, /Faisait aux animaux la guerre.
Catégories Témoignages, ibuka bose
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