Comment régler durablement la question de l’insécurité à l’Est de la RDC ?

Est-ce que la « disparition » de Bosco Ntaganda dans le Parc de Virunga veut dire que la page sur son arrestation vient d’être tournée ? Si c’était le cas, il est clair que Ntaganda ne sera jugé ni par la CPI, ni par la justice congolaise. Plusieurs observateurs sont d’avis en effet qu’il détiendrait un certain nombre d’informations et de secrets sur des zones d’ombres des accords de Paix entre Kigali et Kinshasa que ni le Président Kagame, ni le Président Kabila n’ont intérêt qu’ils soient dévoilés. 
Lire le document

L’évolution démocratique au Burundi : un cauchemar pour le Rwanda

Depuis quelques années, le Burundi ne cesse d’étonner et de forcer l’admiration des observateurs par la façon dont sa classe politique a su gérer les crises et amorcer un tournant démocratique.

P. Nkurunziza, Président du Burundi.

Ce petit pays avait effet, durant des décennies, vécu sous des dictatures militaires instaurées par une armée mono-ethnique. Grâce à la clairvoyance et la détermination des acteurs politiques tant nationaux qu’internationaux, il est entré dans un processus ayant abouti à faire participer aux affaires de leur pays une frange importante de la population qui en était exclue depuis les années 60. Les Hutu, qui avaient été systématiquement écartés des instances dirigeantes et surtout des services de sécurité (armée, gendarmerie et services de renseignements), ont recouvré leurs droits mais sans pour autant se venger sur les Tutsi en les écartant. Selon les termes des textes fondateurs de cette « paix des braves », la Constitution et les Accords d’Arusha garantissent une représentation de chaque communauté à chaque échelon du pouvoir.

Entretemps, son voisin du Nord, le Rwanda, évolue en sens inverse. Depuis 1994, une armée mono-ethnique tutsi a instauré une dictature féroce au pays exactement comme celle qui a caractérisé le Burundi entre 1966 et 2002. Cette dictature en place au Rwanda pousse le ridicule jusqu’à appliquer de vieilles recettes qui furent en vigueur au Burundi sous les régimes des colonels Micombero et Bagaza et le major Buyoya.

Au moment où les Burundais débattent, à bâtons rompus et sans complexe, des antagonismes liés aux identités hutu-tutsi, au Rwanda, la question est tabou et le fait de soulever le problème est qualifié de crime désormais connu sous le qualificatif de "véhiculer l’idéologie du génocide". Rappelons qu’il y a 30 ans, au Burundi, évoquer le problème hutu-tutsi et même faire état de l’existence de Hutu ou de Tutsi était passible de prison pour "atteinte à la sécurité de l’Etat". Sur le plan politique et des mentalités, on se demande qui, du Rwanda ou du Burundi, a régressé ou évolué.

Là où ça se complique, c’est que les deux pays sont « jumeaux » et que les événements qui s’y passent obéissent au principe des vases communicants. Ce sont hélas des événements malheureux qui illustrent le mieux cette contagion réciproque. La révolution populaire rwandaise qui mit fin à la féodalité tutsi au Rwanda en 1959 a eu pour conséquence, au Burundi, la radicalisation du régime monarchique qui s’était maintenue au Burundi voisin. En effet, au Burundi, la communauté hutu était associée au pouvoir avant sa marginalisation entamée dès 1965 et qui a atteint son paroxysme en 1972. Cette radicalisation fut l’œuvre des élites tutsi rwandais réfugiés au Burundi entre 1959 et 1961 et qui avaient été intégrés dans les instances dirigeantes de ce pays. Fort de ce soutien, ils tenteront, de 1963 à 1968, de reconquérir le pouvoir par la force au Rwanda, sans succès. La campagne de reconquête était menée à partir du Burundi tout au long de sa frontière avec le Rwanda (Butama à Kibungo, Bugesera, Nshili à Gikongoro, Bweyeye et Bugarama à Cyangugu).

Lorsqu’au printemps 1972 le régime tutsi du colonel Michel Micombero décida d’éliminer tout hutu instruit du Burundi, acte que certains observateurs qualifieront de « génocide sélectif », les répercussions furent immenses au Rwanda voisin. Comme en représailles aux massacres des Hutu au Burundi, les étudiants tutsi furent chassés des établissements scolaires au Rwanda. Il fut de même pour les fonctionnaires tutsi dans les secteurs public et privé.

Ce climat de désordre fut l’une des causes du coup d’Etat du 5 juillet 1973 opéré par la Garde nationale rwandaise pour instaurer l’ordre et la paix au pays et qui porta au pouvoir le général-major Juvénal Habyarimana.

Lors de la reconquête du Rwanda par des éléments tutsi de l’armée régulière ougandaise entreprise le 01 octobre 1990, le Burundi fut la principale base de recrutement des combattants et la plaque tournante des trafics en tous genres au profit des conquérants. Les écoles et l’université du Burundi se sont vidées d’étudiants tutsi d’origine rwandaise qui rejoignaient le front via l’Ouganda avec la complicité de la hiérarchie militaire burundaise.

Lorsqu’en octobre 1993 les militaires tutsi ont assassiné le premier président hutu du Burundi pourtant démocratiquement élu, les répercussions de cet acte ignoble eurent des retentissements au Rwanda. Les partis politiques qui venaient de signer l’accord de paix avec la rébellion tutsi du FPR furent secoués par cet événement. A l’intérieur de chaque parti surgit un courant qui estimait qu’on ne pouvait accorder aucune confiance aux Tutsi car ceux-ci ne seraient pas prêts à jouer le jeu démocratique comme ils venaient de le démontrer au Burundi. C’est là qu’est apparu dans le langage politique rwandais des ‘‘modérés’’ (pro-FPR) et des "extrémistes" (anti-FPR). A l’arrivée du FPR au pouvoir, tous (extrémistes ou modérés) seront logés à la même enseigne, c’est-à-dire soumis ou exilés.

Après 1994, fragilisés par la réprobation de l’opinion internationale et l’irruption des rebellions hutu jadis inimaginables, les caciques du système politique au Burundi (militaires et cadres politiques originaires du Bururi) ont finalement lâché du lest non sans avoir été entraînés par le cousin rwandais dans l’aventure zaïroise (actuellement congolaise) pour aller "casser du Hutu" en 1996 et 2001.

Ayant négocié pour finalement signer la paix avec ceux-là même que le FPR de Kagame voulait qu’il casse (CNDD-FNL,…), le Burundi faisait ainsi un pied de nez à son encombrant voisin du Nord. Comme si cela ne suffisait pas, la deuxième élection libre et démocratique dans l’histoire du Burundi fut remportée par l’une des rébellions dites "hutu".

Ainsi donc, l’évolution politique n’est pas du tout la même au Burundi et au Rwanda voisin. Au Burundi, la démocratie s’installe petit à petit. Des mécanismes ont été mis en place pour assurer la représentation équitable de toutes les communautés dans tous les rouages de l’Etat. Les dirigeants démocratiquement élus sont ouverts aux critiques et la transparence est impressionnante à tous les niveaux. Par contre, au Rwanda, un régime militaire installé par une armée mono-ethnique étend ses tentacules sur tous les secteurs de la vie nationale depuis 1994. Une partie de la population, à savoir les Hutu et les Tutsi non originaires d’Ouganda, est devenue des citoyens de seconde zone. Les libertés individuelles n’existent pas. La presse est muselée et des subterfuges sont chaque jour inventés pour culpabiliser toute dissidence. C’est ainsi que toute critique au régime est assimilée à l’"idéologie du génocide", concept flou qui pourtant a été décrété comme un crime.

En observant l’évolution politique des deux pays, on se rend compte que l’attitude de la communauté internationale qui applique le principe de « deux poids deux mesures » illustre encore, si besoin en était, la méconnaissance des intérêts des peuples concernés et quand ces intérêts sont connus, de les ignorer au profit des impératifs qui dépassent le rwandais et le burundais moyens.

Dans ce microcosme politique, nous pensons que la jeune démocratie burundaise est en danger. D’abord elle constitue un mauvais exemple pour le Rwanda voisin qui a opté et est soutenu dans la consolidation d’une dictature mono-ethnique et une hégémonie régionale. La démocratie au Brundi est d’autant plus en danger que ce pays est très vulnérable. Il est le plus militairement faible dans la région et sa voix y est la plus inaudible. Les organisations régionales dont il est membre sont soit en veilleuse, soit totalement éteintes (CEPGL, CEAC, …). Il se retrouve marginalisé dans de nouvelles organisations comme l’East African Community où il est le seul pays francophone après que Kagame eut banni le français dans son pays.

Le plus grand danger reste la crainte du régime de Kigali d’une contagion démocratique qui affecterait le Rwanda à partir du Burundi. Le Rwanda n’hésiterait pas à intervenir pour "éradiquer le mal à la racine" ; en clair déstabiliser le Burundi.

Emmanuel Neretse
Bruxelles le 06/4/2009.

 

 


 

[ <-  Retour ]

Commentaires / réactions

Displaying results 1 to 10 out of 10

Ngendahayo jean Baptiste from Bruxelles (Sunday, 17-05-09 16:12)

bagira ubupfura

 

Ami Butros from Cotonou/Bénin (Thursday, 16-04-09 17:40)

En analysant ce que vous avez dit ci-haut, on peut dire sans se tromper que, si,chaque fois,tout va bien au Burundi et que rien ne va au Rwanda,c'est parce que les semeurs de ces troubles se déplacent avec leurs troubles;Lorsqu'ils ont quité le Rwanda dans les années 1959,le pays est resté tranquille et le Burundi, pays d'accueil est devenu le théâtre des troubles.Il a suffi qu'ils regagne le Rwanda en 1994 pour que le Burundi commence par retrouver la paix;de l'autre côté(Rwanda), la situation a tourné en cauchemar!!QUI SONT CEUX-LA QUI SE DEPLACENT AVEC LA GUERRE DANS LEURS COEURS?

 

ABASA Barasabirana (Wednesday, 15-04-09 04:22)

Au sujet du principe ou theorie des vases communicants:

Si on regarde bien le Rwanda et le Burunid au lendemain des evenements de 94, et avec ce principe des vases communicants en l'esprit, je pense que l'evolution du Burundi a ete influence par ce qui venait de se passer au Rwanda.

..evidemment les causes et les raisons des evenements, les gens continuent en debattre,..et les choses se sont passees comme ils se sont passees...

Mais peut-etre peut-on observer que les gens en position d'influence et de pouvoir..ne voulaient pas que le Burundi et les Burundis subissent le meme sort que leurs voisins du Nord.... vue la similarite avec le Rwanda, le Rwanda etait fort probablement a just titre percu comme le prochain candidat.....

Penseserait-on que l'armee et le pouvoir monolithiques au Burundi a decide, comme ca un bon matin, d'appeler les rebelles Hutu a venir partager le pouvoir. Sans minimiser les efforts des rebelles Hutu, on peur se demande pourquoi ils ont reussi ce qu'ils n'avaient pas pu faire avant; ils avaient pourtant bien essaye pendant des decennies?

D'autre part, sans minimiser la force militaire, la strategie et la determination des FPR, il serait interessant d'evaluer la part de ces facteurs dans la reussite des FPR et rebelles Tutsi en general. Pour quoi ils ont reussi ce qu'ils n'avait pas reussi depuis des decennies; ce n'etait pas pourtant faute d'avoir essayer; tout le monde sait qu'ils avait essaye plusieurs fois.

Par ailleurs, le principe des vases communicants peut servir d'analyse pour examiner la problematique Uganda-Rwanda. Du moins partiellement, le mouvement, FPR a prospere et est en quelque sorte un debordement d'un probleme interne ougandais, du moins nationaux ougandais sans nier la realite des refugies Rwando-Ougandais.

Il ya beaucoup de vases communicants en Afrique, vu le caractere transnational des problematiques, les populations ou ethnies, l'histoire coloniale notamment, etc..

ABASA

 

ABASA Barasabirana (Monday, 13-04-09 07:01)

J'apprecie ton analyse qui me semble pluto honete quoique un peu
simpliste.

Pourquoi la democratie au Burundi serait un mauvais exemple pour le Rwanda? C'est plutot l'inverse qui serait vrai.

Vous fetes bien de montrer que l'aide internationale occupe une part disportionnee. Mais cela etait le cas du regime du MNRD.
Je trouve interessant votre facon de regarder l'historique des regimes and classes politiques au Rwanda et au Burundi. Peut-etre aurais-tu raison. Qui des deux peut etre qualifie d'avoir fait preuve de plus de retenue ou d'extreme.. comparaison des regimes rwandais et burundais de la monarchie a maintenant..

Mais definitivement je trouve ton analyste, je la trouve un peu simpliste. Apres avoir montrer son importance de l'aide internationale par exemple, vous minimiser le roles acteurs etrangers. Il ne faut realiser que la problematique dans cette region est non seulement structurelle: par ex. structure d'un regime insecure qui ne peut se maintenir qu'en favorisant les systemes de securite et de repression et en etant porte a bout de bras par ses promoteurs etranger...problemes structurel mais aussi conjoncturel, donc dependant du contexte si tu veux. FPR ou les tutsis venus d'Ouganda comme tu les appellent, n'ont entrepris et reusssi les aventures sans un context local, regional et international..
La democratie au Burundi, je pense que c'est un beau exemple pour le Rwanda. Je suis penser plutot qu'il faut parler de risques reels...Mais aussi je penses qu'il ne faut pas tomber dans le negativisme en essayant de comprendre le pourquoi des choses... les burundis sont encoire loins moins loins que les Rwandais, mais ils encoire loins et sont venus de loins... Le Burundi, les Hutus et les Tutsi ont beaucoup travaille et travaillent encoire.. Cependant n'oubliez pas les Mandelas, les Nyerere ont travaille aussi avec eux...Mais les gens auront beau travail si le contexte n'est pas favorable cela va etre difficile.. Je ne dis pas qu'il faut arreter tout effort pour attendre le bon contexte. Je vous dis seulement qu'il faut faire la part des choses et arreter d'etre simpliste. Difficile de ne pas etre pessimiste...vouloir la justice, ca se comprend; mais en vouloir aux autres ou s'en vouloir, ca se comprend moins si on vois globalement ce qui se passe, particulierement dans nos regions, ...c'est different.



 

Christian Manzi from New York (Saturday, 11-04-09 23:33)

S'il vous plait,chaque pays a ses particularites et il ne faut pas compare le Rwanda au Burundi ni a un autre pays. Oui il peut y avoir des ressemblances mais a la fin chaque nation a sa facon de gerer ses problemes. Regardons le Rwanda comme le Rwanda et affrontons nos problemes comme ils sont sans dire ce qui se passent a gauche ou a droite.

 

Hirwa (Thursday, 09-04-09 00:21)

Mr Karekezi Emmanuel;

Je ne vis pas moi-même au Rwanda actuellement et donc, certaines réalités actuelles pourraient m'échapper et auriez-vous peut-être raison en disant que le Rwanda d'aujourd'hui est vraiment bien lancé. Seulement, il s'agit ici précisément de la question du dialogue politique au Rwanda actuellement. Il semble que ce dialogue n'est pas vraiment dans les priorités du pouvoir en place. Pourtant, c'était bien dans les "cartons" du FPR -d'après ses discours de charmes à ses débuts- d'oeuvrer pour une société rwandaise ouverte à toutes les tendances politiques, bref, une société plus démocratique.

Je ne sais pas si vous avez eu l'occasion d'écouter récemment sur RFI (radio France internationale) le "débat africain" où trois Rwandais (Messieurs Joseph Ndahimana, Jean-Paul (?) Kimonyo et Gasana (?) Ndoba) étaient invités à s'exprimer. Les deux derniers se trouvaient au Rwanda. Mais, de tous, seul Mr Ndoba (professeur de littérature francophone à l'UNR) avait le plus objectivement, à mon avis, brossé le portrait de l'aspect précis de l'ouverture et du débat politiques au Rwanda sous le pouvoir actuel du FPR. Son opinion, et je suis aussi de son avis, était que des efforts étaient nécessaires pour faire avancer les choses à ce niveau parce que, constatait-il, tout comme moi, il y avait encore un manque d'épanouissement évident du dialogue/débat politique au Rwanda (il y a plusieurs explications à cela). Donc, il ne suffit pas d'incorporer des Hutu (comme si, par ailleurs, il s'agissait des "étrangers" qui seraient ensuite devenus des citoyens après quelque parcours d'"intégration"!) dans le pouvoir actuel. Le fond de la question n'est même pas là nécessairement.

Par ailleurs, on ne saurait mettre en doute que le Rwanda se développe matériellement à grand pas. Mais, là aussi, il s'agit d'un développement souvent focal; celui des villes (principalement Kigali) aux dépens des mileux ruraux. Mais, peut-être qu'il faut aussi donner du temps au temps; qu'à terme, tout ira en s'homogénéisant...


 

Karekezi Emmanuel from Bruxelles (Wednesday, 08-04-09 15:21)

Cet article ne reflète pas la réalité du Rwanda actuel! Au contraire, les hutus font partie intégrante de la vie politique au Rwanda (la plupart des ministres sont hutus, le prmier ministre est hutu). Les étudiants hutus ont accès aux universités. Même les genocidaires sont amnistiés!! Alors n'ayez cette mauvaise foi svp, et remerciez le gouvernement de conduire le Rwanda vers le developpement durable! L'époque de cultures d'avocatiers (comme seul moyen d'alimentation) est révolue! Vive le Rwanda!

 

kassongo livino from Luanda Angola (Tuesday, 07-04-09 03:41)

Abehutu uwabaroze ntiyakarabye,urwanda rwarabananiye kubambura abatutsi none muranyanayimbwa mugeze no ku Burundi,FDLR se ko imeze nkubushyo bwºimbwa wagiye ukayifasha,njye ndi umuhutu ariko nzirana n,abahutu bisarararanga gusa,aba portugais bajya batukana ngo Caralho,bisobanura AMABYA bakaba bagusuzuguye cyane,wowe ndabona utari MABYA gusa ahubwo uri BIBYA,umuntu w,umugabo nkawe arangwa n,ibigambo bitagira shinge na rugero!Cyakora niba utikosoye nzagukura kuri Mabya nguhe MABYI kuko ndabona uri ikintazi.

 

uburera ndiza (Monday, 06-04-09 15:35)

Je ne savais pas si on a tjrs les gens comment vous. Bravo pour ce commentaire qui nous enrichi.

Bravo,Bravooooooooo

 

Hirwa (Monday, 06-04-09 13:38)

Observation pertinente. En effet, contrairement à son voisin et "cousin" du nord, le Rwanda, le Burundi semble lentement mais sûrement cheminer vers une démocratie effective. Pourtant, il y a quelques années encore, ce pays, comme vous l'indiquez dans votre article, vivait quasi les mêmes problèmes que le Rwanda voisin, à savoir des troubles inter-ethniques.

Mais, je m'interroge: en vous lisant, j'ai tendance à penser que, finalement, c'est le Rwanda qui semble, chaque fois, "contaminer" en mal le relativement paisible Burundi! Ainsi, on s'aperçoit que, apparemment, c'étaient certains des Batutsi d'origine rwandaise, ayant fui par vague leur pays suite à diverses périodes de troubles qu'il avait connues, qui s'étaient faits incorporer - sans doute en usant de la notion de "fraternité ethnique" - dans les structures du pouvoir au Burundi, manifestement plus "équitables" à l'égard de toutes les composantes de la population burundaise, et les avaient intentionnellement retourné contre les Bahutu burundais désormais exclus. Bref, un noyautage nuisible et néfaste dont seuls ces Rwandais auraient le secret!

Enfin, si vous y regerdez de près, toutefois avec un certain recul nécessaire à une observation la plus objective possible, qu'est-ce qui semble bien fonctionner au Burundi mais qui, visiblement, bloquerait au Rwanda voisin? Les Burundais seraient-ils plus réfléchis que nous, Rwandais? Car, en fin de compte, ils ont mis leur intérêt national commun en avant plutôt que de s'attarder sur des divisions ethniques mesquines et futiles. Et qu'est-ce qui empêche les Rwandais d'arriver enfin à s'entendre politiquement? Il est parfois facile de penser que certains intérêts étrangers, évidents par ailleurs, opérant dans nos régions sont les seuls responsables de la précarité de nos structures de pouvoir; mais, sont-ils vraiment les seuls coupables? Qu'en est-il sérieusement de nos politiciens visiblement incapables de trouver un terrain d'entente pour enfin instaurer une véritable stabilité politique dans le pays? Je crois qu'il est possible, au Rwanda, de maintenir des liens avec ces intérêts étrangers-là (et de toute façon, le pays s'en passerait difficilement pour vivre par ailleurs) tout en permettant et en favorisant l'établissement des processus démocratiques. C'est une question de volonté des forces politiques rwandaises avant tout. On doit s'imaginer que le Burundi actuel visiblement engagé dans des processus démocratiques, n'a pas pour autant couper tout lien avec les puissances et institutions étrangères qui lui donnent des aides financières, comme elles le font aussi pour le Rwanda. Mais, il semble que les Burundais, tout en acceptant ces aides nécessaires au développement de leur pays, ne se sont pas compromis avec leurs objectifs premiers et idéaux internes, ceux de progressivement démocratiser le pays. Ainsi, ils semblent avoir opté de privilégier l'intérêt commun burundais avant toute autre chose et en toute circonstance. Et pendant ce temps, au Rwanda, les politiciens semblent ne porter aucun intérêt à cette question fondamentale d'assainissement des structures du pouvoir en les rendant plus équitables, etc. Ils semblent plutôt miser sur le développement matériel (tout aussi nécessaire par ailleus), mais sans véritable épanouissement des forces politiques et de la société civile.

 

Autres messages :

 

Ajouter un commentaire / Réagir

Ecrire ici