Comment régler durablement la question de l’insécurité à l’Est de la RDC ?

Est-ce que la « disparition » de Bosco Ntaganda dans le Parc de Virunga veut dire que la page sur son arrestation vient d’être tournée ? Si c’était le cas, il est clair que Ntaganda ne sera jugé ni par la CPI, ni par la justice congolaise. Plusieurs observateurs sont d’avis en effet qu’il détiendrait un certain nombre d’informations et de secrets sur des zones d’ombres des accords de Paix entre Kigali et Kinshasa que ni le Président Kagame, ni le Président Kabila n’ont intérêt qu’ils soient dévoilés. 
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L’inceste et la royauté

Roi Yuhi Musinga

La légende de Bushi et de Buhavu s’accordent pour représenter l’inceste comme relation préférentielle dans la fondation du royaume havu. Vers les années 1500, dit le mythe, une guerre meurtrière mit aux prises les Shi et les Rwandais. Vainqueurs, les Rwandais capturent Nyi-bunga la fille de Na bushi, roi du Bushi, et l’amènent comme esclave à la cour du Rwanda. Mais après quelques mois, le roi du Rwanda, Gahima Yuhi Ier, lui aussi né d’une union incestueuse, chasse Nyi-bunga de la cour, car elle est mal élevée et étourdie. Il la renvoie à son père, en l’obligeant, pour la punir, à faire ce voyage d’une semaine entièrement nue, et à se présenter à son père dans cette tenue. Cependant, habituée à la liberté de moeurs qui règne au Rwanda, la jeune princesse supporte mal le puritanisme qui est de mise à la cour de son père. La nuit, en cachette, elle va rejoindre son propre frère dans son lit, apportant ainsi au Bushi les traditions incestueuses du Rwanda. Horrifié, le prince veut appeler au secours, mais sa soeur lui explique l’utilité, pour un fils de roi, d’avoir des enfants incestueux. Ainsi commence la liaison du prince et de sa soeur. Quelques semaines après, Nyi-bunga est enceinte. Chacun sait, à la cour, qu’il s’agit d’une grossesse issue de relations incestueuses. Furieux, Na Bushi exile sa fille et l’envoie chez Na-ntale (le Roi-Lion), roi des Havu. Celui-ci n’a pas d’héritier. Quand Nyi-bunga met au monde un fils, Na-ntale l’adopte aussitôt comme son héritier, et lui donne le nom de Sibula. C’est ainsi qu’on appelle les enfants nés de relations incestueuses destinées à perpétuer la lignée.

Un mythe rwandais raconte la fondation des royaumes interlacustres par Kigwa, « l’homme descendu du ciel ». Kigwa a une soeur, Nyi-banda (la « Mère de la Terre »), belle comme la Lune. Nyi-banda met au monde des enfants nés d’un père inconnu et mystérieux. Chassée par sa famille, elle veut quitter le ciel et se réfugier sur la Terre : elle creuse un trou dans la voûte céleste et descend dans l’Ankole chez les Shwezi. Kigwa, inquiet du sort de sa soeur, part à sa poursuite et tombe du ciel lui aussi. Leur père, voulant rester en communication avec ses enfants et veiller sur eux, laisse ouvert le trou pratiqué dans la voûte céleste ; c’est par là que désormais la Lune éclaire la Terre, jusqu’alors obscure. Kigwa apporte aux hommes les armes qui leur permettront de dominer leurs voisins et de chasser les bêtes féroces ; Nyi-banda leur apporte les plantes, le bétail, le feu.

Pour sauvegarder la pureté de leur sang, Kigwa et Nyi-banda se marient. Le mythe dit donc le caractère sacré de la monarchie qui tire son origine du Ciel et se perpétue par l’inceste : le sacré, l’inceste et la monarchie sont inséparables.

[Tiré de : Anicet Kashamura, Famille, sexualité et culture. Essai sur les mœurs sexuelles et les cultures des peuples des Grands Lacs africains, Paris, Payot 1973, pp. 129-130].

 

 

 

 


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Coutumes rwandaises, Culture et coutumes rwandaises, Le saviez-vous?, Sexualite rwandaise

 

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