Que va chercher le Président Sarkozy au Rwanda ? |
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Il est de notoriété publique que les relations diplomatiques entre deux pays ne peuvent être basées que sur un respect mutuel. Rien de cela entre la France et le Rwanda. Le fil des événements le montre à suffisance. Le 07/04/2004, la France a délégué le secrétaire d’Etat Renaud Muselier aux cérémonies de commémoration du 10è anniversaire du génocide. L’envoyé français a été pris à partie par le président Paul Kagame qui dans son discours a reproché aux Français d’avoir sciemment entraîné et armé les troupes gouvernementales et les milices alors qu’ils savaient qu’ils allaient commettre un génocide. Kagame l’a dit en tournant son regard vers les gradins où était assis le secrétaire d’Etat français. Il a ajouté, comme s’il s’adressait directement à son hôte, qu’il est impensable d’ « avoir l’audace de rester là sans s’excuser ». Renaud Muselier a vite compris. Il est sorti du stade et a pris son avion pour retourner à Paris avant la fin des cérémonies. En novembre 2006, Kigali a pris les devants et a rompu les relations diplomatiques avec la France après la sortie du rapport du juge français Jean-Louis Bruguière accusant le président Paul Kagame d’être le commanditaire de l’attentat contre l’avion de son prédécesseur Juvénal Habyarimana. Dans les cérémonies du 07/04/2007, le président Paul Kagame est revenu à charge. Dans son discours de circonstance à Murambi (sud-ouest), il a accusé les militaires français de l’Opération Turquoise d’avoir construit sciemment un terrain de volley-ball sur une fosse commune des victimes du génocide. Il a ajouté qu’ils ont même participé aux tueries aux côtés des Interahamwe quand ceux-ci commençaient à battre en retraite. A Nyamata le 7/4/2008, le président Paul Kagame a lancé des insultes aux juges Merrelles et Bruguière en les traitant de « Kabwera » qui veut dire « vagabond », « prostitué ». En août 2008, la commission Mucyo créée par le président Paul Kagame en vue de rassembler les éléments de preuve d’implication de l’État français dans la préparation et l’exécution du génocide perpétré au Rwanda en 1994, a déposé son rapport. Bricolé de toutes pièces et se basant sur de faux documents, le rapport met en cause 13 personnalités politiques français et 20 officiers français dans le génocide de 1994. Malgré cette escalade faites d’insultes et de mépris, à son avènement à la tête de la diplomatie française, Bernard Kouchner, « ami personnel de Kagame », a voulu à tout prix renouer les relations diplomatiques entre la France et le Rwanda. Il s’est déplacé à Kigali en janvier 2008 et a reconnu que la France avait commis « une faute politique » lors du génocide rwandais de 1994.
Le 09/11/2008, le major Rose Kabuye, chef du Protocole du président Paul Kagame, s’est faite arrêter en Allemagne dans le cadre des mandats d’arrêts internationaux du Juge Bruguière et transférée en France où elle fut mise en examen. Mais très vite, on apprend qu’il ne s’agissait que d’une mise en scène arrangée par les soins du ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner qui avoua : « Un groupe de travail composé de juristes a indiqué que, si les Rwandais voulaient avoir accès au dossier, l’un des 9 inculpés au moins devait se rendre à la justice française. Ce que l’ancien directeur du protocole de Kagamé, Rose Kabuye, a fait » (Nouvel Observateur du 06.02.2009). Du 6 au 8 janvier 2010, B.Kouchner s’est rendu encore une fois au Rwanda où elle a subi une humiliation car il n’a été reçue à l’aéroport que par la même Rose Kabuye. Aucun ministre ne s’était déplacé. Comme si cela ne suffisait pas, le Rwanda a banni le français comme langue d’enseignement au Rwanda. Seul l’anglais est d’usage dans les écoles depuis janvier 2009. En novembre de la même année, le Rwanda a tourné le dos à la francophonie et a adhéré au Commonwealth. Alors, une question se pose. Après tout ce que le Rwanda a montré d’inimitié, d’arrogance et d’insultes contre la France, quelles motivations peuvent-elles être à la base de la visite de Président Sarkozy au Rwanda ? Quand Renaud Muselier a été insulté et quitté précipitamment le Rwanda, il avait dit à Muligande, ministre des affaires étrangères rwandais qui voulait l’amadouer pour qu’il reste : « Je vous promets des bosses et des plaies ». Mais rien n’est venu. Au contraire, c’est la France qui en a reçues en quantité. Un officiel rwandais avait vu juste quand à cette occasion, il avait fait cette remarque : « La France, à ce train, risque d'être l'éléphant qu'une mouche a pénétré dans la trompe...Il va se débattre longtemps...». Gaspard Musabyimana
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