Quid des relations Rwanda-France?(III)La crainte de la justice rwandaise justifie-t-elle que la France trahisse ses valeurs de justice et de démocratie ? |
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Les FDRL comme prétexte En tous les cas, l’important, pour le moment, est de mettre fin à l’insécurité, à l’instabilité, aux graves violations des droits de l’homme, aux massacres et aux déplacements des populations que connaît la région des Grands Lacs depuis l’invasion du Rwanda par le FPR. Mais comment ? Les diverses solutions proposées par les soi-disant experts de la région des Grands Lacs montrent que ceux-ci proposent des expédients au lieu de s’attaquer aux causes réelles de la tragédie que subissent les peuples rwandais et congolais. Les causes réelles de l’instabilité dans la région ne sont ni la présence des FDLR (Forces Démocratiques de Libération du Rwanda) en RDC ni l’absence d’un marché commun entre les pays de la région des grands lacs. Les FDLR sont une conséquence et non une cause de l’instabilité. En insistant sur le désarmement et le rapatriement des membres des FDLR, les autorités de Kigali essaient de détourner l’attention de la communauté internationale de la solution politique, la seule susceptible de ramener une paix durable au Rwanda et de rétablir un voisinage pacifique. A l'issue des négociations engagées à Rome, sous la médiation de Sant'Egidio, les responsables politiques des FDLR s’étaient engagés à ne pas recourir à la force pour rentrer au Rwanda. Mais, ils avaient exprimé deux exigences : un dialogue inter-rwandais et des garanties sécuritaires de la communauté internationale en faveur de tous ceux qui décideraient de retourner au pays natal. A ces deux conditions, le président Kagame a opposé une fin de non recevoir catégorique et même menacé de poursuivre judiciairement ceux qui songeraient à revenir car, pour lui, ils chercheraient à achever l’œuvre de génocide qu’ils ont commencée en avril 1994 au Rwanda. Cette étiquette de génocidaires collés à tous les membres des FDLR n’a aucun fondement. La majorité des membres des FDLR sont des jeunes qui, en raison de leur âge, n’ont pas trempé dans les massacres de 1994. Les autres militaires ne représentent qu’une infime partie et ils ne sont pas nécessairement des criminels sauf si s’opposer à la dictature du FPR est un crime. Le problème des criminels rwandais qui auraient élu domicile en RDC serait mieux résolu par la coopération judiciaire entre les deux pays que par l’opération pour le moins curieuse où un gouvernement invite une armée d’un pays envahisseur à venir l’aider à assurer la paix. Que deviendront tous les réfugiés qui n’ont commis aucun crime mais qui ne veulent pas rentrer au pays pour des raisons politiques. L’on n’a pas le droit de renvoyer des gens dans un pays totalitaire où il risque leur vie. Tous ces réfugiés sont considérés par les autorités rwandaises comme des opposants politiques ou des génocidaires ce qui, pour elles, est équivalent dans plusieurs cas. Le FPR et ses parrains, par un système d’amalgame entre génocidaires et opposants, utilisent les FDLR comme prétexte pour abuser les Congolais et la communauté internationale sur les causes réelles de l’instabilité en RDC. La décision soudaine de Paul Kagame d’éliminer cette organisation politico-militaire alors que jusque là il se contentait d’en user comme alibi pour continuer à piller les ressources de la RDC est probablement dictée par la prévision d’un changement de politique de son mentor américain dans la région des Grands Lacs. Il est possible aussi que l’opération conjointe menée par l’armée rwandaise et congolaise contre les FDLR couvre un agenda caché du Rwanda avec la complicité de certaines autorités congolaises. Il y a lieu de penser que le patron du FPR cherche, par exemple : - à écarter le général Nkunda, devenu plus encombrant qu’utile, tout en s’assurant qu’il ne tombera pas dans les mains d’une justice autre que rwandaise où il risquerait de révéler quelques vérités gênantes pour le pouvoir de Kigali; - à redorer le blason de l’armée rwandaise, terni par les atrocités commises par le CNDP, rébellion soutenue par le Rwanda et à garder ainsi le mythe d’une armée rwandaise disciplinée qui ne commet pas de crimes comme les armées bantu. Il pourra aussi attribuer le retour éventuel de la sécurité au Kivu à la neutralisation et au désarmement des FDLR plutôt qu’à la cessation des hostilités des rébellions tutsi soutenues par le Rwanda, à la suite de la menace du Président Obama de rendre responsables de l’instabilité en RDC les rébellions étrangères qui y sévissent. L’opinion internationale et congolaise n’y verra que du feu. La manipulation aura encore fonctionné. - à infiltrer des militaires rwandais dans la faction dissidente du CNDP en vue de noyauter davantage l’armée congolaise au moment de l’intégration des soldats de cette rébellion tutsi ; - à faciliter la conquête de la province du Kivu par le CNDP en affaiblissant militairement les FDLR dont les autorités rwandaises craignent la collaboration avec les FARDC ; Quel que soit l’objectif secret de cette action, le désarmement et le rapatriement des membres des FDLR, opérations difficiles et délicates, n’apporteront pas la stabilité à long terme dans la région. Ils ne feront que renforcer, pour un moment, un dictateur qui, apparemment est incapable de se valoriser autrement que par les guerres, la manipulation et la cruauté. Tôt ou tard son régime totalitaire s’écroulera en dépit de l’appui de ses mentors anglo-saxons. C’est une règle implacable. Tout peuple opprimé, méprisé, frustré finit par se libérer. Les Blancs de l’Afrique du Sud, bien que disposant d’une forte armée et du soutien des Américains et des Britanniques, n’ont-ils pas été forcés de se plier à la démocratie et à composer avec la majorité noire. Et si le Rwanda n’a pas, à ce moment là, son Mandela et son De Klerk un nouveau cataclysme s’abattra sur ce pays à mille malheurs. Quid des plans Cohen et Sarkhozy ?
Les autorités congolaises sont certes, pour le moment, incapables de garantir la sécurité de sa population et l’intégrité de son territoire, se comportent comme des complices des agresseurs rwandais et ougandais à cause du noyautage des institutions congolaises, s’avèrent mauvais gestionnaires, mais la meilleure attitude n’est pas de leur mettre les bâtons dans les roues mais de les aider à consolider le processus démocratique et les institutions de la RDC encore fragiles. A la fin de leur mandat le peuple congolais les jugera s’il y a des élections libres et transparentes. Quoi qu’il en soit leur incapacité ne justifie pas que le peuple congolais renonce à sa souveraineté et à l’intégrité de son territoire et supporte les violations de ses droits commises par les envahisseurs rwandais et ougandais avec l’aide ou le silence complice des démocraties occidentales. Toute cession du Kivu, sous quelle que forme que ce soit, sera remise en question par les patriotes congolais actuels ou futurs, ce qui engendrera une nouvelle instabilité. Kigali roule pour les Anglo-saxons Une solution adéquate à l’instabilité de la région des grands lacs ne peut être trouvée qu’en reconnaissant les véritables causes de cette situation. Avant la prise du pouvoir au Rwanda par le FPR la paix régnait dans la région des Grands Lacs. L’on ne peut donc pas attribuer l’insécurité dans la région à « la superficie petite » et à la « démographie dynamique » du Rwanda. Il a depuis longtemps été confronté à ces difficultés comme le Burundi voisin. Pour autant ni ce pays ni le Rwanda de Habyarimana n’ont attaqué la RDC. Chaque pays doit trouver des solutions à ses difficultés dans le respect du droit international. Le FPR n’aurait pas non plus envahi la RDC s’il n’avait pas été instrumentalisé par les Américains et les Britanniques pour étendre leur zone d’influence à la riche RDC en installant à Kinshasa un pouvoir servile. Les patrons du FPR avaient compté sur Laurent-Désiré Kabila mais celui-ci s’est montré nationaliste et indépendant et il a mystérieusement été éliminé. Ils ont intronisé « son fils Joseph Kabila » mais il ne semble pas faire non plus leurs affaires car il a osé signer un contrat avec les Chinois. Il sied de faire remarquer que sa position est plutôt ambiguë. Il doit être tiraillé entre ses parrains rwandais agissant pour le compte des Américains et des Britanniques et certains patriotes congolais de son gouvernement. Quant à Paul Kagame et à Kaguta Museveni, ils ont choisi d’être les valets obséquieux de leurs maîtres anglo-saxons sans se préoccuper des conséquences sur les peuples de la région des grands lacs et même sur leurs congénères tutsi. Leur tâche est plus facile que celle de Joseph Kabila puisqu’ils n’ont aucune opposition. L’instabilité de la région des grands lacs est donc due au non respect du droit international par les Américains et d’autres puissances alliées, qui instrumentalisent les régimes minoritaires, maniables et sans assise populaire réelle, pour s’emparer des richesses de la RDC, à la protection contre toute poursuite judiciaire qu’ils garantissent à leurs serviteurs et à l’absence de régimes démocratiques solides soucieux de l’intérêt de leurs peuples et du développement de la région. Si les responsables des démocraties occidentales respectaient les peuples de la région des grands lacs et ne jouaient pas au plus malin, ils aboutiraient à la conclusion évidente que la véritable solution au problème d’instabilité et d’insécurité dans la région des Grands Lacs passe par la lutte contre l’impunité, le respect du droit international tel que l’intégrité du territoire de la RDC et le renforcement ou l’instauration d’une véritable démocratie dans tous les pays de la région et en particulier au Rwanda, source du drame des peuples rwandais et congolais. Le rêve des Rwandais, des Congolais, des Burundais et des Ougandais y compris la majorité des Tutsi est de vivre en paix entre eux, d’avoir des régimes démocratiques où la liberté et l’égalité devant la loi sont garanties à chacun et de coopérer en toute souveraineté pour leur développement économique, social et culturel. Ces objectifs pourraient être réalisés au bénéfice de tous y compris des occidentaux si le nouveau président américain, Barack Obama, garde sa hauteur et ne s’égare pas, comme les responsables politiques français ou d’autres démocraties occidentales, dans des considérations bassement matérielles en oubliant ses discours sur la démocratie, la justice et les droits de l’homme. Il doit être clair que la nouvelle Amérique d’Obama et les autres puissances démocratiques sont décidées à promouvoir les valeurs de justice équitable, de démocratie et de droits de l’homme. Et tout le monde gagnera dans ce changement car la paix, la confiance, la démocratie responsable et le respect du droit sont source de prospérité. Puisse ce jour advenir du vivant des Bernard Kouchner, Louis Michel, Bill Clinton, Jean Carbonare, François-Xavier Verschave de Survie-France, de Patrick de Saint-Exupéry, de Jean-Pierre Chrétien, des journalistes Colette Braeckman et Marie France Cros et autres défenseurs ingénus ou soudoyés par Paul Kagame pour qu’enfin ils se rendent compte combien les peuples rwandais, congolais, burundais et ougandais ont beaucoup souffert du cynisme, de la cruauté et des massacres et autres atrocités que la bande à Kagame a organisés, provoqués ou perpétrés. Jean Charles Murego,
[i] Herman Cohen, Can Africa Trade its way to peace, article publié dans le New York Times du 16 décembre 2008. [ii] Nicolas Sarkozy, Président de la République Française, Message de vœux de nouvel an du 19 janvier 2009 au corps diplomatique. [iii] Honoré Ngbanda-Nzambo Ko Atumba, président national de l’APARECO, Lettre ouverte à Nicolas Sarkozy, président de la République Française du 20 janvier 2009. Analyse des propositions de solution du Président français au problème d’instabilité de la région des Grands Lacs lors de son message de vœux de nouvel an au corps diplomatique.
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Commentaires / réactions
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rafiki martin from kigali-rwanda (Tuesday, 17-11-09 15:03)
mege mutugezaho amakuru mururimi rwikinyarwanda kugirango byumvwe nabose
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La création d’un marché commun dans les conditions