Comment régler durablement la question de l’insécurité à l’Est de la RDC ?

Est-ce que la « disparition » de Bosco Ntaganda dans le Parc de Virunga veut dire que la page sur son arrestation vient d’être tournée ? Si c’était le cas, il est clair que Ntaganda ne sera jugé ni par la CPI, ni par la justice congolaise. Plusieurs observateurs sont d’avis en effet qu’il détiendrait un certain nombre d’informations et de secrets sur des zones d’ombres des accords de Paix entre Kigali et Kinshasa que ni le Président Kagame, ni le Président Kabila n’ont intérêt qu’ils soient dévoilés. 
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Rwanda: Extermination massive de familles hutues dans la Paroisse de Muramba en commune SATINSYI. préfecture GISENYI.

Après le démantelement des camps de réfugiés hutu de l'ex-Zaïre, le FPR et son armée s'en sont pris aux populations civles dans le nord du pays. Il a utilsé des hélicoptères de combat pour raser des villages entiers.

hélicoptère Mi24-2

modèle d'hélicoptères utilisé dans le bombardement des villages dans les régions de Gisenyi et Ruhengeri

CENTRE DE LUTIE CONTRE L'IMPUNITE
ET L'INJUSTICE AU RWANDA
BP 2 - Molenbeek 4                                                    Bruxelles, le 3 août 1997
1080 BRUXELLES - TéI/Fax: 32.10/81.58.17

 

 

NOTE A TOUS NOS PARTENAIRES

 

Rwanda: Extermination massive de familles hutues dans la Paroisse de Muramba en commune SATINSYI. préfecture GISENYI.

 

Introduction:Depuis le retour des réfugiés rwandais, rapatriés de force au Rwanda suite au démantèlement militaire de leurs camps au Sud et au Nord Kivu dans l'ex-Zaïre, les massacres, les exécutions sommaires et les assassinats se sont intensifiés et ont principalement ciblé des familles hutues.  

 

La commune de SATINSYI se trouve parmi les communes qui ont été frappées de plein fouet avec l'assassinat de la Directrice Belge Griet BOSMANS, 17 élèves et 4 autres personnes tuées à l'Ecole même dans la nuit du 27 au 28 avril 1997. Avant cet assassinat qui a attiré l'attention de l'opinion publique, plusieurs familles d'intellectuels, d'opérateurs économiques et de paysans progressistes hutues avaient été ciblées par des "malfaiteurs non identifiés et en tenue militaire".

 

D'après le Communiqué n° 12/97 du Centre de Lutte contre l'Impunité et l'Injustice au Rwanda, le massacre de Griet BOSMANS et de 17 élèves à l'Ecole secondaire de Muramba visait essentiellement à sensibiliser et à préparer l'opinion publique au phénomène appelée ''infiltrés hutus". Cette formule d'INFILTRES HUTUS" est utilisée et exploitée par les chefs militaires extrémistes tutsis dans toutes les régions à grande concentration des populations hutues que l'Armée Patriotique Rwandaise (APR) doit "purifier petit à petit'. Sous prétexte de pourchasser les infiltrés hutus, l'APR organise des opérations de représailles contre des civils hutus et massacre des centaines de femmes, de vieillards, malades et enfants puisque souvent les jeunes gens et hommes valides arrivent à s'enfuir.

 

Ces "actes de représailles" suivent généralement des attaques conduites par "des malfaiteurs non identifiés" qui souvent se révèlent être des escadrons de la mort et/ou des milices tutsis à la solde du ''pouvoir occulte" constitué par un noyau dur de Responsables militaires et politiques du Front Patriotique Rwandais (FPR). Pour massacrer les hutus du Nord à "huis clos", les extrémistes tutsis ont dû se débarrasser de tous les témoins gênants étrangers qui s'étaient établis dans les préfectures de Ruhengeri, Gisenyi, Kibuye et Cyangugu. Ce qui se passe maintenant dans les régions du Nord au Sud Ouest du Rwanda explique pourquoi:

- 38 ONGS humanitaires ont été expulsés et 18 autres suspendues le 6 décembre 1995;

-les soldats de la Mission des Nations Unies au Rwanda (MINUAR il) ont été poussés à quitter le pays en avril 1996 après plusieurs manifestations et agressions des extrémistes tutsi

- les observateurs des droits de l'homme des Nations Unies ont été agressés le 11 janvier 97 en commune Giciye; ce qui les a obligés de suspendre leurs activités à Ruhengeri et Gisenyi.

- trois médecins espagnols de Médecins du Monde (MDM) ont été assassinés dans la nuit du 18 au 19 janvier 1997; l'américain blessé a survécu parce qu'il a crié qu'il était américain et que le gardien hutu de MDM l'a conduit à l'hôpital, avant d'être assassiné le lendemain par les gendarmes de la Brigade de gendarmerie de Ruhengeri, alors qu'il s'était présenté volontairement avec son collègue pour témoigner car il avait identifié les agresseurs;

- le Père canadien Guy PINARD a été assassiné le 2 février 1997 en pleine messe dans la paroisse de Kampanga près de la ville de Ruhengeri par un enseignant, ex-soldat du FPR. Aujourd'hui tous les fidèles présents à la messe qui l'ont identifié se trouvent en prison et sont accusés par les autorités judicaires de "mentir"! !

- Cinq observateurs des droits de l'Homme de l'ONU ont été tués à Karengera le 4/02/1997.

 

Après avoir chassé les témoins gênants étrangers, il fallait éliminer les témoins rwandais "intellectuels crédibles" que sont les bourgmestres, les directeurs d'école, les enseignants, les ex-FAR, les commerçants, les paysans progressistes, les artisans, bref tout ce qui peut être assimilé à l'intelligentsia hutue. La deuxième phase consistait à "émouvoir" l'opinion publique par des « attaques sauvages et barbares » à savoir:

- les massacres des prêtres paroissiaux, de directeurs d'école, des élèves, des autorités locales (Bourgmestres, conseillers, responsables de cellules, etc...) que les responsables militaires attribuent aux "infiltrés hutus" pour souligner leur "présence" et leur "bestialité";

- les massacres de "voyageurs" dans les minibus-taxis (toutes ethnies confondues) pour "exacerber" les tensions interethniques, "terroriser" la population et "empêcher" les gens de circuler. Quand les gens circulent l'information circule aussi, or quand les gens ne savent pas ce qui se passe, on les intoxique et on les manipule facilement.

- les massacres de "familles entières" (vieillards, femmes, enfants et nourrissons) compris. Généralement les victimes de "ces malfaiteurs non identifiés" sont à 99% des hutus et curieusement ces "massacres sont attribués" aux infiltrés hutus par le Régime de Kigali.

 

Voici la liste de quelques familles hutues massacrées chez eux par des éléments militaires en commune SATINSYI. préfecture Gisenyi avant et après l'assassinat de Griet BOSMANS:

 

1) Dans la nuit du 21 janvier 1997, treize (13) personnes dont 8 enfants et 5 adultes ont été sauvagement massacrées dans la cellule de KIRIGI, secteur RUCANO. Il s'agit de:

- HAKIZIMANA Stanislas (Colonel des ex-FAR) et sa femme, infirmière au Centre de santé de Muramba, ainsi que leurs trois enfants:

- HAKIZIMANA Jean Luc (13 ans)

- HAKIZIMANA Jeanne (10 ans)

- HAKIZIMANA Claudette (8ans)

- NYIRABAZIGA Marthe (sa belle-mère) et ses trois belles soeurs à savoir:

- MUHIMPUNDU Marie Médiatrice (21 ans), étudiante à l'Ecole Economique de Muramba

- NYIRAMAHORO Alphonsine (22 ans), étudiante à l'Ecole normale primaire de Muramba

- NYIRAMANA Jacqueline (27 ans) venait de terminer au Groupe Scolaire de Rambura

- KALIMUNDA Jean (33 ans), Lieutenant des ex-FAR et beau frère de Hakizimana Stanislas

assassiné avec ses deux fillettes:

- KALIMUNDA Alice (5 ans)

- KALIMUNDA Cathérine (3 ans)

- HABIYAKARE Aloys (29 ans), beau frère du Colonel Hakizimana Stanislas et ancien agent des services de renseignement à la Présidence de la République sous Habyalimana. Les tueurs étaient en uniforme militaire et cette région est infestée par les soldats de l'APR!

 

2) Le 13 juin 1997 dans la cellule RUSESA, secteur Rucano, la famille de BAHIZI Denis, comprenant 20 personnes parmi lesquelles 12 enfants a été entièrement décimée. fi s'agit de:

 - NYIRABEZA Espérance, épouse de Bahizi Denis, assassinée avec ses fils et petits enfants:

- BAHIZI Alexis (40 ans), commerçant grossiste au Centre de négoce de Gatega;

- BAHORANYE Anastasie (36 ans), épouse de Bahizi Alexis, enseignante à l'Ecole

primaire de Muramba

- BAHIZI Ignace (36 ans), fils de Nyirabeza Espérance assassiné avec son épouse:

- NYIRARUKUNDO Adèle (35 ans), épouse de Bahizi Ignace

Les quatre enfants de BAHIZI Alexis qui ont été assassinés avec leurs parents:

- BAHIZI Martin (16 ans)

- BAHIZI Clarisse (24 ans)

- BAHIZI Jacques (11 ans)

- BAHIZI Anne Marie (8 ans)

Les quatre enfants de BAHIZI Ignace qui ont été assassinés avec leurs. parents:

- BAHIZI Jean Claude (12 ans)

- BAHIZI Marie Rose (10 ans)

- BAHIZI Immaculée (6 ans)

- BAHIZI Jeannine (3 ans)

Monsieur BAHIZI Denis était juge du Tribunal de Canton de la commune Gaseke, Gisenyi.

Les quatre enfants de Kamegeri (déjà décédé), un voisin, qui logeaient chez BAHIZI Denis:

- MUKAMANA Anisie (37 ans) leur maman

- KAMEGERI Marguerite (8 ans), fille de Mukamana Anisie (voisine de la famille Bahizi).

- KAMEGERI Simon (6 ans), fille

- KAMEGERI Marie Aimée (3 ans)

- Un bébé de huit (8) mois.

Monsieur Kamegeri était Responsable de la Cellule RUSESA. Sa famille a été décimée.

 

3) Dans la nuit du 2 juillet 1997 dans le même secteur de RUCANO, une autre famille voisine de huit (8) personnes a été aussi massacrée par des hommes en uniforme militaire. Il s'agit de BIVAMVAGARA Patrice, Commandant des ex-FAR pensionné puis repris au grade de Major pendant la guerre d’Avril à Juillet 1994 tué avec sa femme (agent des Postes à la S/préfecture de Kabaya) et leurs cinq jeunes enfants:

- NYIRABAHIRE Agnès (17 ans)

- UWIMANA Léonille (13 ans)

- NYIRASIBO Pétronille (10 ans)

- SEMAKUBA Sébastien (8 ans)

- SEBAHIRE André (5 ans)

- Deux enfants des voisins qui ont été tués au moment où ils étaient chez Bivamvagara P.

 

4) D'autres témoignages qui nous parviennent affirment qu'il y a actuellement des villages entiers totalement décimés, où il ne reste plus de jeunes gens ou hommes valides. On cite notamment la cellule de RWANKENKE du secteur GITWA, commune Satinsyi.

La liste ci-dessus reprend quelques familles d'intellectuels hutus qui résidaient pour la plupart à Kigali avant le génocide et les massacres. Ils étaient rentrés au Rwanda en novembre 1996 après le démantèlement militaire des camps de réfugiés. Ils ont été abattus froidement chez eux plusieurs mois après leur retour.

 

La liste des personnes déjà massacrées à SATINSYI est très longue. Cette liste que nous venons de vous présenter illustre la nature même de ces "actes de génocide" commis par les extrémistes tutsis qui mènent une répression "officieuse permanente" sous le couvert des "malfaiteurs non identifiés". L'identification des autres familles qui ont été décimées dans cette commune nous parviendra petit à petit, car l'information circule très difficilement. Cette région a été bouclée par l'APR sous prétexte de pourchasser ''les infiltrés hutus" mais en réalité les militaires sont en train de massacrer sans témoins.

 

Pour le Centre, MATATA Joseph, Coordinateur

 

 

 


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