Comment régler durablement la question de l’insécurité à l’Est de la RDC ?

Est-ce que la « disparition » de Bosco Ntaganda dans le Parc de Virunga veut dire que la page sur son arrestation vient d’être tournée ? Si c’était le cas, il est clair que Ntaganda ne sera jugé ni par la CPI, ni par la justice congolaise. Plusieurs observateurs sont d’avis en effet qu’il détiendrait un certain nombre d’informations et de secrets sur des zones d’ombres des accords de Paix entre Kigali et Kinshasa que ni le Président Kagame, ni le Président Kabila n’ont intérêt qu’ils soient dévoilés. 
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Rwanda : vers le retour aux pratiques féodales ?

Une victime/photo igitondo.com

Pendant le régime féodal, avant que la révolution populaire de 1959 n’y mette fin, les seigneurs tutsi, qui régnaient sur les serfs hutu, disposaient dans leur arsenal répressif, du recours à la bastonnade et à la chicotte pour punir le paysan qui n’avait pas appliqué les consignes du chef ou du sous-chef. La sentence était appliquée en public dans une scène des plus humiliantes : le condamné était mis à nu avant d’être bastonné devant ses parents, sa femme et ses enfants ou ses frères.

Après la reconquête du Rwanda en 1994 par les descendants des féodaux venus d’Ouganda, les premières années furent marquées par des massacres de masse effectués par les nouveaux maîtres du pays envers la population conquise (Byumba en 1994, Kibeho en 1995, Gisenyi, Ruhengeri en 1998-2000, …). Parallèlement, la pratique d’infliger des sanctions corporelles à ceux qui avaient la chance de ne pas être tués était généralisée : ingegene, akandoya,…

On aurait pu penser que ces pratiques d’un autre âge allaient être abandonnées plus tard quand les anciens garçons de rue de Kampala deviendraient enfin des « autorités, des hommes d’Etat malgré eux » et que les institutions et les lois dignes d’un Etat moderne seraient mises en place.

Hélas ! 18 ans après que les éléments de la rébellion qui avaient installé Museveni au pouvoir à Kampala se soient à leur tour emparés de Kigali, et après avoir promulgué des lois taillées sur mesure et remodelé les institutions du Rwanda selon leurs caprices, force est malheureusement de constater qu’ils n’ont rien appris du monde civilisé en matière de gouvernance d’un pays, fut-il un pays conquis. Les autorités à différents échelons pratiquent en effet la bastonnade des administrés comme sanction administrative.

Le site pro-FPR qui écrit en Kinyarwanda igihe.com et la presse indépendante en ligne comme igitondo.com ou leprophète.fr, ont publié des photos qui donnent de la chair de poule. Le phénomène est tellement grave que le 11 février 2012 le premier ministre Pierre Damien Habumuremyi, lors d’un déplacement à l’Ouest du pays, a feint de s’indigner que Radio Rwanda avait fait état de ce qu’une autorité de Huye avait administré des coups et confisqué des biens aux paysans qui n’étaient pas en ordre dans les cotisations pour les mutuelles de santé. Auparavant un responsable s’était aussi étonné du sort réservé aux paysans qui ne s’acquittent pas à temps des taxes sur les propriétés foncières récemment imposés par le pouvoir. Le Dr Emmanuel Nkurunziza , directeur du Patrimoine National (RNRA) avait alors plaidé pour plus de pédagogie avant de recourir à la bastonnade.  Ces révélations ne constituent que la partie émergée de l’iceberg. La réalité est que les sanctions corporelles sont généralisées du plus haut niveau de l’Etat (la Présidence de la république) jusqu’à la cellule administrative. En effet le général Paul  Kagame soumet lui même de temps en temps à une séance de bastonnade plusieurs de ses collaborateurs. Comme l’exemple vient d’en haut, le Hutu Pierre Damien Habumuremyi aura beau crier qu’il est choqué par ces pratiques, le gouverneur ou le maire qui savent que le FPR de Kagame soutient cette mesure, ne l’écoutera même pas et continuera à battre ses administrés.

Ainsi donc, ceux qui craignaient, en 1990, que la conquête du Rwanda par le FPR signifierait le retour des pratiques féodales d’antan dont la soumission du Hutu à l’humiliation et à la chicotte comme avant 1959, à l’état de « taillable et de corvéable à merci », auront malheureusement eu raison. En matière de dignité, de liberté et des droits de l’homme, avec la prise de Kigali par les soldats tutsi ougandais d’origine rwandaise, le peuple rwandais a fait, en juillet 1994, un pas en arrière de 35 ans qu’il aura difficile à récupérer. Hélas ! Ceux qui ont permis cette aberration sont, contre toute logique, les plus grands défenseurs de sa pérennisation comme s’ils en voulaient éternellement au peuple rwandais à qui ils infligent des souffrances qu’ils n’accepteraient pas qu’elles soient infligées à leurs peuples.

Ben Biguma
12/02/2012

Quelques photos des victimes


La vieille Nyiramanegurwa sur son lit d'hôpital à Kabutare suite aux coups lui adminstrés par un certain Nshimiyimana Donat, chargé de l'action sociale au district de Mbazi dont la responsable est Claudine Mukamudenge. Nshimiyimana n'est apparemment pas inquiété. Photo igihe.com.





Les victimes d'un certain Cassien Rukundo, un des responsables du district de Nyanza au sud pays. Photos igotondo.com.



Ils ont été blessés par les chargés de la sécurité Gakuru Jean Bosco et Kabile Marcel, en complicité avec la responsable du district de Rubavu Dukundimana Espérence. En toute impunité!Photo leprophete.fr.

 

 


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