Stop aux manigances visant à enterrer le rapport sur le génocide des Hutu au Congo
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Terre de Paix-Agakiza salue sans enthousiasme la fuite du rapport Commission des droits de l’Homme des Nations-Unies sur les massacres commis en RDC de 1993-2003. Nous restons surtout inquiets du traitement que le Secrétaire Général des Nations Unies risque de réserver à ce rapport si, comme à l’accoutumée, les pressions du Rwanda pour enterrer ce rapport sont avalisées par ses habituels puissants mentors.

En effet les médias continuent de rapporter que le président rwandais a menacé et menace encore de retirer ses troupes du Darfour si le mot «génocide» apparaissait dans la version finale du rapport. On ajoute aussi que le Secrétaire des Nations Unies aurait cédé ou risque de céder à ce chantage. Agakiza fait remarquer qu’il serait moins humanitaire s’il s’avère que le Secrétaire des Nations Unies en personne ordonne d’ôter la substance essentielle audit rapport dans le seul but de minimiser des crimes imputés à certains dirigeants rwandais dont le chef de l’Etat .

Agakiza espère que cela est sans aucun doute faux et que le rapport final va être plutôt débarrassé de toute connotation politique encore présente dans la version actuelle pour qu’enfin le public ait un début d’une meilleure compréhension du caractère complexe et subtil des conflits des Grands Lacs en général et du conflit rwandais en particulier. La vraie nature des crimes commis par les autorités en place au Rwanda ne doit pas être censurée dans le rapport car elles ne cessent de s’en vanter.

En dates du 13 et du 18 avril 2010, le président rwandais a déclaré, sans état d’âmes, devant tous les Rwandais et la communauté internationale, qu’il a massacré des réfugiés. Ses déclarations haineuses du 7 avril 2007 à Murambi-Gikongoro révèlent également un homme qui, depuis bien longtemps, a prémédité et planifié l’extermination de Rwandais dont il reproche l’exil de ses parents en Ouganda. C’est donc le moment que tout Rwandais, à commencer par le chef de l’Etat, assume ses actes et que la communauté internationale déracine une fois pour toute la culture de l’impunité en Afrique centrale.

Nous faisons aussi remarquer que ce rapport, même complet, ne présente qu’une infime réalité de la nature des crimes occasionnés par  des conflits qui sévissent en Afrique centrale depuis les années 80. En refusant d’altérer les conclusions issues d’un long travail d’investigation sur le terrain, le SG ONU encouragerait les autres experts des Nations Unies, des spécialistes de la région des Grands Lacs, des journalistes et des agents de la justice internationale, à redirectionner et à recentrer courageusement leurs travaux, leurs recherches et leurs investigations sur la piste jusqu’alors interdite. C’est d’ailleurs de cette manière que des causes réelles des massacres à grande échelle enclenchés depuis Kagitumba au Rwanda depuis le 1. 10. 1990 et qui continuent dans la sous –région même à ce jour, seront identifiées en vue d’un dégagement conséquent d’une solution possible au conflit rwandais qui s’est étendu sur toute la région des Grands Lacs.

Le chemin de la vérité sur le conflit rwandais est encore long car l’ampleur des massacres du même genre que ceux enquêtés vont au-delà de la période 1993-2003 en RDC et de 1994 au Rwanda. De Kagitumba aux lointains pays limitrophes de la RDC dont la Zambie, la  République Centre-africaine , l’Angola et le Congo-Brazzaville, le calvaire des Rwandais après celui des Ougandais et plus tard des Congolais, a été long et les morts laissés sur place se comptent par millions. Ce calvaire n’étant pas encore terminé, les populations de l’Afrique centrale seraient très reconnaissantes au  Secrétaire des Nations Unies dans le cas où un rapport similaire et objectif couvrant la période de 1990 à nos jours, était élaboré.

La vérité sur le conflit rwandais doit éclater au grand jour pour permettre aux Rwandais de s’engager dans la voie de la réconciliation, de la promotion de la culture de la paix et du développement durable et intégré, tout en assumant leur histoire. C’est la vérité qui va montrer qu’il n’y a pas au Rwanda ni une ethnie plus cruelle qu’une autre ni une ethnie qui produit plus d’extrémistes qu’une autre mais plutôt des individus sinon des petits groupes  mal intentionnées qui exploitent les différences ethniques pour assouvir leur soif hégémonique. C’est cette même vérité qui désamorcera une guerre civile qui couve dans ce pays déjà ravagé par des conflits internes récurrents.

Sans devoir attendre la confection de tous les rapports souhaités par les uns et par les autres qui finalement vont appuyer ce que l’on sait déjà , tous les Rwandais devraient commencer à se faire un examen de conscience pour enfin arrêter à rendre le mal pour le mal, l’insulte pour l’insulte mais  tout simplement s’efforcer de vivre en harmonie l’un et l’autre comme cela est dit dans 1 Peter :7-9.  

Agakiza profite de l’occasion pour saluer le courage de tous ceux qui ont contribué à la confection du rapport qui, cette fois-ci, va un peu plus loin dans le professionnalisme.

Nos remerçiements à tous ceux-là qui ont osé mettre les résultats de leurs investigations à la disposition du public avant que la vérité sur l’embrasement de l’Afrique centrale ne soit altérée ou déformée. C’est très louable car cet acte nous a fait comprendre les manigances, les tractations et le chantage dont le l’objet est la culture de l’impunité et la pratique de l’injustice aux dépens de pertes de vies humaines.

Emmanuel Munyaruguru
Terre de Paix /Agakiza
e-mun@terrampacis.com

14/09/2010

 

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