Les Pays Bas doivent cesser de financer les instruments de répression du peuple rwandais
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Rubrique : Actualité


Publié le 23 Jan 2012 par Gaspard Musabyimana

Le peuple néerlandais  doit refuser qu’un jour l’histoire l’accuse d’avoir été complice du régime dictatorial du général Paul Kagame.

Depuis plus de cinq ans, le gouvernement néerlandais verse plus de dix millions d’euros pour financer la restructuration et la professionnalisation du système judiciaire et de la police au Rwanda, pour construire des prisons et former des magistrats. Le peuple rwandais lui en est reconnaissant.

Malheureusement, au lieu de servir et de profiter au peuple rwandais auquel ils devaient être dédiées, ces structures sont devenues des outils de répression par le pouvoir pour consolider son emprise sur toute la vie sociale et politique, et pour réprimer toute opposition politique. Le cas de la courageuse Madame Victoire Ingabire Umuhoza est un exemple édifiant. Un jour l’histoire accusera le peuple néerlandais  d’avoir été complice de ce système.

Pour se débarrasser des opposants politiques, le pouvoir ne recule devant rien. Il n’hésite même pas de les accuser de terrorisme et d’intelligence avec les rebelles Hutu des FDLR (Forces Démocratiques de Libération du Rwanda). Il intente des procès contre les leaders politiques qui ne lui sont pas inféodés, pour les écarter de la concurrence politique et pérenniser  la dictature d’un parti-Etat le FPR (Front Patriotique Rwandais). C’est ainsi que tous les opposants au régime de Kigali actuellement en prison (Ntakirutinka Charles, Mushayidi Déo, Ntaganda Bernard, Niyitegeka Théoneste ) sont tous condamnés pour des accusations similaires à celles portées à l’encontre de Madame Ingabire, à savoir: collaboration avec une organisation terroriste, atteinte à la sûreté de l’Etat, divisionnisme, idéologie du génocide, négationnisme.

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Dans la hiérarchie militaire, le régime use de la lutte contre la corruption pour écarter tout officier indésirable. Il n’hésite même pas à passer outre des jugements des cours et tribunaux lui enjoignant de les libérer. C’est le cas du colonel Rugigana, petit frère du général Kayumba Nyamwasa, dont le maintien en détention a été condamné fermement par la cour de justice de la communauté est africaine, dont le Rwanda est membre.


Nous sommes d’avis que le tabou doit être levé autour du problème des rebelles des FDLR. Il s’agit d’un problème avant tout politique, qui doit trouver une solution politique. Après 17 ans d’usage de la force, le régime du
FPR devrait se rendre à l’évidence, que la solution se trouve ailleurs.

S’agissant du procès de madame Victoire Ingabire, le ministère public a demandé que Mme Victoire Ingabire reste en prison pour traduire d’abord le dossier de plus de 600 pages obtenu des autorités des Pays-Bas. Pourtant la Cour de Rotterdam avait informé l’avocat de la famille de Victoire que seuls trois documents de 16 pages auraient été transmis à Kigali. Le Gouvernement néerlandais justifie son geste par sa confiance dans le système judiciaire rwandais qu’il a contribué à restructurer, mais qui en réalité reste fort répressif.

Nous demandons au gouvernement néerlandais de faire la lumière sur la provenance des 600 pages alors que le tribunal parlait de 16 pages.

Les ingérences répétées du pouvoir exécutif rwandais dans le procès de madame Victoire Ingabire Umuhoza, à commencer par le président Kagame, devraient interpeler le gouvernement néerlandais et l’amener à réviser sa politique.

En effet, le Président Paul Kagame, n’a pas attendu que la justice se prononce dans le pour l’accuser sans retenu des crimes et même affirmer qu’elle a plaidé coupable. Dans son interview à la CNN, le Président Kagame a déclaré que cette femme ne mérite que la prison. Il a récidivé lors de sa dernière visite officielle en Ouganda le 12 Décembre 2011
[3]. Dès lors que le Président de la République parle en ces termes, on comprend aisément le lien entre la politique et la justice, ainsi que la marge de manœuvre qui reste à cette dernière.

Le régime de Kigali, dont l’implication dans les crimes qui ont endeuillé le Rwanda et l’Afrique Centrale (
Mapping Rapport  de l’ONU) est de plus en plus évidente cherche à se garantir l’immunité en se maintenant au pouvoir au prix de violations flagrantes des droits de la personne qui sous d’autres cieux auraient provoquée une intervention militaire ou la mise au banc des accusés (Cfr cas Libye et Syrie).

Un pouvoir dont les responsables ont poursuivis les exilés pour les massacrer;  qui ont commis des
crimes contre l’humanité depuis Muvumba et Byumba de 1990 – 1993 ; Ruhengeri de 1994 à 2002; Kibeho en 1995; Congo RDC de 1996 -1998; Gisenyi en 1997 n’a pas la force morale pour diriger le pays ni d’assurer une justice impartiale.

Le peuple néerlandais dans sa majorité, a besoin d’être éclairé sur ce qui se passe réellement à Kigali. Malheureusement, une poigné de pseudo experts s’approprient les fora pour déformer la réalité et  propager la propagande du régime. Nous exhortons l’ambassade des Pays Bas à Kigali à être plus proche des opprimés du régime, et à mieux informer son gouvernement, par ce que nous  ne pensons pas que ce soit le cas aujourd’hui.

Nous ne comprenons pas l’intérêt d’un Etat démocratique de continuer à soutenir un régime totalitaire alors qu’il pourrait mieux contribuer à l’émergence d’un pouvoir partageant les mêmes valeurs démocratiques, seul capable de garantir à long terme, les intérêts réciproques et durables des peuples rwandais et néerlandais.

Pour toutes ces raisons, nous demandons au gouvernement néerlandais de :
– Constater que le procès politique de Madame Victoire Ingabire Umuhoza a perdu toute sa crédibilité et que le verdict est connu d’avance ;
– Demander la libération immédiate et sans condition des leaders politiques dont Madame Victoire Ingabire Umuhoza, Mr Mushayidi Déo, Mr  Niyitegeka Théoneste, Mr Ntakirutinka Charles, Mr Ntaganda Bernard ainsi que d’autres personnalités civiles et militaires, détenues illégalement ; 
– Cesser toute collaboration judiciaire dans le dossier de Madame Ingabire Umuhoza ainsi que dans d’autres dossiers judiciaires tant qu’il n y aura pas de garantie d’équité;
– S’intéresser davantage à l’avenir du Rwanda, à l’ouverture de l’espace politique plutôt qu’à la survie du régime.

Fait à la Haye le 21 Janvier 2012

CARP                                                  FEDERMO                                          RIFDPJ.D. Rugomboka                              F. Karekezi                                     F. Mukasine


FDU-Inkungi/NL                                                                                             PDP-Imanzi
S. Niyibizi                                                                                                        G.K. Semushi

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