Enquête Trévidic : qui manipule qui?
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Rubrique : Actualité


Publié le 11 Jan 2012 par Gaspard Musabyimana

Les experts français en balistique, dans leur rapport sur l’attentat contre l’avion du président Habyarimana, auraient conclu, d’après certains médias, que le missile qui a descendu l’avion du président Habyarimana, le 06/04/1994, aurait été tiré du camp militaire de Kanombe. Cette conclusion ne serait crédible que si l’endroit exact du tir et le type de missile employé ont été identifiés. Encore faudra-t-il prouver que l’armée rwandaise disposait de telles armes et plus précisément des missiles utilisés le 06/04/1994 s’il en existe des éléments matériels.

Ensuite, il sera nécessaire de répondre aux questions ci-après qui mettent en évidence les contradictions entre les attitudes des autorités rwandaises, du TPIR et des Tutsi transfuges du FPR et l’innocence supposée du président Kagame et son entourage. Pourquoi le président Kagame et le FPR refusent-ils jusqu’à présent toute enquête internationale indépendante sur l’assassinat du président Habyarimana? L’équipe de juges et d’experts français ne constitue pas une commission internationale  indépendante. Il est d’ailleurs curieux que le pouvoir de Kigali ait maintenant confiance en la justice française jusqu’ à affirmer qu’elle a fait preuve d’éthique remarquable alors qu’avant il la traitait de complice avec les extrémistes hutu et les autorités génocidaires françaises. Comme d’habitude, une justice n’est équitable et indépendante que lorsqu’elle appuie ses thèses. Pourquoi le TPIR a-t-il préféré se contenter de  la formule du constat judiciaire au lieu de mener une enquête sur l’attentat,  qui lui aurait permis de fonder la thèse de la planification du génocide des Tutsi? Dans quel intérêt les Tutsi, transfuges du FPR, s’acharnent-ils à accuser le président Kagame d’avoir ordonné le meurtre du président Habyarimana alors qu’ils aboutiraient au même résultat politique, sans risquer de se mettre sur le dos leurs congénères,  en soulignant sa responsabilité dans les crimes contre l’humanité commis au Rwanda et en République Démocratique du Congo de 1994 à 2003?

Enfin, les déclarations antérieures des présidents Museveni et Kagame ne plaident pas pour la disculpation de celui-ci et de son entourage. Le premier a déclaré qu’il était temps d’en finir et le second se demandait ironiquement, s’est demandé ce qu’il y avait d’important dans l’avion abattu alors qu’il savait bien qu’une enquête sur cet attentat pouvait l’innocenter et prouver la thèse de la planification des massacres des Tutsi qu’il défend. 

Que la version répandue dans les médias par les partisans du FPR corresponde ou non au contenu du rapport, une commission d’enquête internationale indépendante reste plus que jamais d’actualité car la vérité est encore loin d’être établie. Le président Kagame et sa clique cherchent probablement à gagner du temps en espérant sauver leurs peaux mais ils ne se rendent pas compte que, si un jour il est prouvé qu’ils ont essayé de manipuler l’opinion internationale par des mensonges ou d’autres moyens malhonnêtes, ils auront contribué eux-mêmes à détruire la thèse du génocide des Tutsi. Peut-être qu’ils s’en fichent éperdument.

Jean-Charles Murego
11/01/2012

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