La démocratie mise sous tutelle au Rwanda :rapport de la FIDH
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Le rapport que vient sortir la FIDH fait un constat amer en ce qui concerne la situation socio-politique au Rwanda. Tous les secteurs de la vie nationale sont aux mains d’une dictature qui fait tout à sa guise sans tenir compte des intérêts de la population. Les problèmes recensés par la FIDH en disent long sur le calvaire que vit le peuple rwandais.

Quelques titres retenus :
– des politiques agricoles imposées sans concertation populaire et ayant causé des famines chroniques
– un plan d’urbanisation et d’aménagement du territoire dicté à marche forcée
– une opacité entretenue dans la gestion des biens publics
– le paysage politique rwandais : vingt-trois ans de harcèlement et de répression de l’opposition
– 1994 – 2017 : 23 ans de suprématie politique du FPR marqués par un coup d’état constitutionnel en 2015.
– une campagne électorale qui achève De verrouiller l’issue Du scrutin Du 4 août 2017
– une société civile affaiblie et réduite au silence : interférences et prises de contrôle d’organisations nationales de la société civile
– attaques, harcèlement et répression à l’encontre des défenseurs des Droits humains
– des médias muselés

Ci après un extrait introductif qui donne le ton du contenu global du rapport:
« Plusieurs organisations de défense des droits humains ont en effet pu documenter et dénoncer de graves atteintes aux droits humains commises dans le cadre de la conduite des politiques économiques, notamment en matière agricole, d’aménagement du territoire et de gestion des biens publics. L’absence de dialogue véritable et inclusif, ainsi que les inégalités dans la répartition des richesses ont causé une forte opacité des processus économiques en place, des disparités économiques et sociales grandissantes entre une classe élitiste de la population rwandaise tirant clairement profit du dividende économique du pays, et des classes populaires subissant les effets néfastes et dommages collatéraux de cette course à la croissance économique.

[…] La répression du régime continue de s’abattre systématiquement sur toute voix contestataire, assimilée comme « ennemi de la nation ».   Les partis politiques d’opposition et les médias ont été très largement réduits au silence, tandis que plus aucune organisation de défense des droits humains indépendante n’est en mesure d’opérer. S’agissant des médias, Reporters sans Frontières déclare, sans détour, que « la censure et l’auto-censure règnent au Rwanda », classé 159ème (sur 180 pays) au classement mondial de la presse en 2017.

Du côté de l’opposition politique et de la société civile, les autorités rwandaises s’efforcent depuis des années à faire taire et sanctionner toute contestation du pouvoir : interdiction des partis politiques d’opposition, répression et actes de harcèlements contre les opposants politiques, pressions sur et prise de contrôle des ONG, violations graves des droits humains des défenseurs des droits humains les empêchant ainsi de mener leur travail de défense des droits humains, voire les contraignant à l’exil, etc.

En 2015, la FIDH alertait sur le fait qu’ « il n’y a plus d’ONG de défense des droits humains indépendante au Rwanda », en relation avec la prise de contrôle de la Ligue rwandaise pour la promotion et la défense des droits de l’Homme (LIPRODHOR), organisation membre de la FIDH, et le harcèlement judiciaire continu subi par les membres de l’organisation. […]

En conclusion étant donné la dérive autoritaire du régime actuel et la répression systématique de toute contestation, la FIDH exprime sa très vive préoccupation quant au respect et à la protection des droits humains et des libertés fondamentales au Rwanda ».

L’intégralité du rapportNote sur la situation au Rwanda_FIDH sorti ce 09-08-2017- rwanda699fraout2017web

 

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