L’armée du FPR s’est spécialisée dans le massacre des réfugiés
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A l’Est du Rwanda, les réfugiés tutsi congolais du camp de Kiziba sont en train d’être massacrés par l’armée rwandaise au vu et au su de tout le monde. Des informations concordantes en provenance de la région parlent d’une vingtaine de victimes, fauchées par balle par la soldatesque du FPR.

C’est le 20/02/2018 au petit matin, que 500 réfugiés selon la police rwandaise  ont pris le chemin vers Karongi au bureau local du HCR. Ils allaient demander qu’ils soient délocalisés dans un autre pays, les conditions de vie et de sécurité au Rwanda devenues, au fil des années, insupportables. C’est durant ce voyage que la police et l’armée leur ont fait barrage et ont tiré sur eux, à balles réelles, pour les dissuader de poursuivre leur voyage.

Qui sont ces réfugiés de Kiziba ?

Il vous souviendra qu’entre 1996-1998,  Kagame a envahi le Congo soit disant pour défendre les Tutsi dits « Banyamulenge » qui risquaient de subir un génocide comme cela avait été le cas au Rwanda en 1994. Le prétexte fut gobé par les Occidentaux et le HCR qui ont laissé libre cours à l’arme du FPR de massacrer des centaines de milliers de réfugiés Hutu.

Les Tutsi Banyamulenge furent invités à s’établir au Rwanda pour « leur sécurité ». Pour Paul Kagame, ce fut une aubaine. Il en fuit son terreau de recrutement chaque fois qu’il voulait attaquer le Congo. Des milliers de Banyamulenge furent ainsi  incorporés dans l’armée du FPR et ont été chaque fois des fers de lance quand il s’agissait d’envahir la RD Congo. Les plus illustres furent Laurent Nkunda, Jules Mutebusi, Sultan Makenga, Bosco Ntaganda,…, à la tête des mouvements rebelles dont le  CNDP et autres M23,  qui ont semé la désolation dans l’est du Congo

Au fil des ans, ces réfugiés se sont rendus compte qu’ils étaient  instrumentalisés pour des intérêts inavoués de Paul Kagame et sa clique. Cette prise de conscience n’est pas passée inaperçue pour les services de renseignements du FPR. Les leaders d’opinion parmi ces réfugiés passèrent de mauvais quarts d’heures.

Les réfugiés congolais forcés d’adhérer à la politique du FPR

La commémoration du génocide des Tutsi célébrée chaque année le 07/04 fut une autre pomme de discorde entre les Tutsi Banyamulenge et le FPR. Cette date leur fut imposée  mais ils n’ont pas obtempéré estimant que pour eux, les grandes dates de leur massacre se situent après 1996 et surtout en 2004 où des centaines des leurs furent tués à Gatumba, puis par après à Mudende,… Ils ont réclamé qu’ils puissent célébrer cette commémoration à une autre date qui correspond à ce qu’ils ont vécu. Encore une fois, les meneurs ont été dans le viseur du FPR.

Le FPR a également entamé de catégoriser ces réfugiés comme il le fait pour les Rwandais. Cette politique pour le moins bizarre,  consiste à mettre chaque rwandais dans une catégorie (riche, moins riche, pauvre, très pauvre,…) pour le payement conséquent des taxes et autres cotisations diverses. Pour les réfugiés, qui reçoivent des aides du HCR, une telle immixtion dans leur vie était incompréhensible. Selon des informations disponibles, le HCR, ayant décidé de réduire les aides à ces réfugiés, a donné les coudées franches au Rwanda pour trouver une solution notamment par l’imposition de la fameuse politique de la catégorisation (ubudehe). Les réfugiés congolais ne se sont pas laissés faire.

Le HCR compromis avec la dictature au Rwanda

Dans la crise rwandais, le HCR n’a cessé de trahir ces idéaux fondamentaux dont celui de la protection des réfugiés. Quand Paul Kagame a préparé l’attaque des camps des réfugiés Hutu pris en charge par le HCR, celui-ci a laissé faire. Pire encore, il semble qu’il a transmis à Paul Kagame et à son gouvernement des fichiers de recensement des réfugiés pour permettre aux attaquants de cibler leurs victimes. Comme si cela ne suffisait pas, dans un accord dont jusqu’aujourd’hui il est difficile de saisir la motivation, cette organisation internationale a signé avec le gouvernement rwandais une clause de cessation du statut des réfugiés dont un certain nombre de pays africains ont désapprouvé, trouvant cette entente bizarre pour un pays qui ne cesse de violer les droits de l’homme et qui va jusqu’à attaquer les réfugiés dans leur pays d’accueil. Les attaques récentes en Lusaka en Zambie et à Brazzaville au Congo sont encore fraîches dans les mémoires. Au Rwanda, les tueries, les disparitions, des emprisonnements politiques, sont le lot quotidien de tous ceux qui osent élever la voix comme le montre le dernier rapport de Human Right Watch en est un exemple parlant.

Les tueries des réfugiés congolais qui sont en train de s’opérer vient confirmer la thèse que la HCR a versé dans une sorte de compromission avec le régime du FPR.

Politique de « resettlement » détournée par les caciques du régime rwandais

Dans les habitudes internationales, des réfugiés peuvent être accueillis par des pays tiers, surtout les pays développés, via le HCR, qui procèdent au casting des candidats. C’est le « resettlement » ou le  ‘rétablissement ou la  relocalisation des réfugiés. Des pays comme l’Australie, les Etats-Unis d’Amérique ou le Canada  acceptent régulièrement un certain nombre de réfugiés venus des camps en Afrique ou ailleurs.

Les jeunes réfugiés éligibles au « resettlement » dans le camps de Kiziba ont vu leur départ vers les pays d’accueil postposé ou annulés sans raison. Le FPR opérait des remplacements pour faire partir les jeunes rwandais, fanatiques du FPR (intore). Les réfugiés de Kiziba ont eu beau dénoncer ces manœuvres, sans succès.

Ras-le-bol de l’instrumentalisation

Si les réfugiés de Kiziba décident aujourd’hui, après 20 ans, de défier le pouvoir du FPR, c’est qu’ils en ont assez de leur instrumentalisation. Non seulement leur ration alimentaire se réduit comme une peau de chagrin, leurs enfants subissent des injustices de toutes sortes quand ils ne sont pas forcés d’aller dans des entraînements militaires pour aller faire la guerre à leur pays, mais également ils subissent toutes les exactions de la dictature du FPR alors que le statut de réfugié devrait les en protéger.

Cette instrumentalisation  est une constante pour le FPR. Au Burundi, le Rwanda y a semé des troubles  et a crié au génocide qui se préparerait contre les Tutsi dans ce pays. Il a apprêté des autocars et des aides alimentaires à la frontière. Certains tutsi ont été appâtés. Aujourd’hui, Kagame est en train de les forcer de lui servir de paravent pour  attaquer le Burundi. Il a fallu une dénonciation de certaines puissances internationales pour que ce projet macabre soit mis au frigo.

Nous pouvons projeter, sans risque de nous tromper, que les migrants que le régime rwandais veut importer d’Israël et de Libye ne seront pas moins instrumentalisés. Aucun doute qu’un agenda caché les attaend.

La police rwandaise a admis le massacre des réfugiés

Ce n’est pas souvent que les services de sécurité du FPR admettent avoir commis des bavures. Si ils sont sortis de leur discours consistant à nier l’évidence, c’est signe qu’il ya une catastrophe qu’on a de la peine à cacher. De fait, avec les moyens de


communications modernes,  les informations sur ces attaques sont envoyées en instantané. Des réfugiés, avec leurs téléphones portables, ont pris des photos et des vidées des horreurs qu’ils ont vite fait de partager sur des réseaux sociaux. La police, sur Twitter, admet qu’il y a eu cinq personnes tuées par balle par la police et l’armée, alors que des sources indépendantes parlement de 40 tués et de 80 blessés par balle.

Mais, laissons de côté cette guerre de chiffres. La question est de savoir pourquoi une armée d’un pays soit autorisée à tirer sur des réfugiés qui vont réclamer pacifiquement leurs droits.

Gaspard Musabyimana
23/02/2018

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