La descente de l’avion du Président Habyarimana le 6 avril 1994 : un acte terroristeLa descente de l’avion du Président Habyarimana le 6 avril 1994 constitue un ultime attentat terroriste parmi ceux commis par le FPR entre de 1990 et 1994. |
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La descente de l’avion du Président Habyarimana le 6 avril 1994 constitue un ultime attentat terroriste parmi ceux commis par le FPR entre de 1990 et 1994. En effet, parallèlement à l’offensive terrestre lancée le 01 octobre 1990, les éléments de l’armée régulière ougandaise ont planifié puis lancé une campagne aérienne dont le caractère terroriste est indubitable. Prenant pour cible des aéronefs civils ou militaires non en mission de combat en tirant à partir des positions situées en zone démilitarisées, le FPR commit des actes dont le bilan est très lourd. Du 1 octobre jusqu’au 6 avril 1994, six (6) aéronefs furent abattus ou touchés par les attentats aériens du FPR. Le bilan matériel est de trois hélicoptères et deux avions détruits ainsi que d’un avion endommagé. Quant au bilan humain, il est également très lourd : 21 morts et un blessé grave. Ces actes atteindront leur paroxysme le 06 avril 1994. Ce jour, le jet présidentiel de type Falcon 50 ramène le Chef de l’Etat de Dar-Es-Salaam en Tanzanie où s’est tenu le sommet d’un jour des chefs d’Etat de la région. Outre le Président Juvénal HABYARIMANA, l’avion a à son bord le tout jeune et nouveau Président burundais Cyprien NTARYAMIRA, deux de ses ministres Bernard CIZA et Cyriaque SIMBIZI. Côté rwandais, des proches collaborateurs du Président HABYARIMANA sont du voyage notamment le Chef d’Etat-Major de l’Armée le Général-Major Déogratias NSABIMANA, le Secrétaire particulier du chef de l’Etat le Colonel Elie SAGATWA, le Conseiller à la Présidence l’ambassadeur Juvénal RENZAHO, le médecin personnel du Président le Docteur Emmanuel AKINGENEYE et l’officier d’ordonnance du Président, le Major Thaddée BAGARAGAZA. L’équipage est composé de trois citoyens français MM Jacky HERAUD, Jean-Pierre MINABERRY et Jean-Michel PERENE. Vers 20h, l’avion entreprend la manœuvre d’atterrissage sur l’aéroport de Kanombe. Il est aussitôt atteint par un missile sol-air de type SAM-6 tiré à partir de la colline de Masaka et s’écrase dans l’enceinte de la résidence privée du président près de l’aéroport. Il n’y a pas de survivants. Les antécédents quant aux capacités de nuisance anti-aériennes du FPR en disent long. Le 7 octobre 1990, un petit avion de type Islander non-armé survole la région du Mutara frontalière avec l’Ouganda. C’est de cette région qu’une fraction de l’armée régulière ougandaise avait entamé quelques jours plus tôt la conquête du Rwanda sous la bannière de Front patriotique Rwandais (FPR). L’avion est atteint par un des tirs anti-aériens et s’écrase au sol. Le Commandant RUTERANA Augustin et son co-pilote le Lieutenant HAVUGIMANA Anatole sont tués sur le coup. L’épave et les corps seront retrouvés à Ntoma le 27 octobre 1990. La contre-offensive des FAR s’organise. Le FPR perd du terrain mais mène un combat retardeur acharné. Il s’accroche sur la plus lointaine des positions qu’il avait atteintes à l’intérieur du pays, à savoir les sommets de Nyakayaga. C’est en survolant ce front le 23 octobre 1990 que l’hélicoptère piloté par le Commandant Jacques KANYAMIBWA fut descendu par un missile sol-air. Son co-pilote le Capitaine Javan TUYIRINGIRE est tué sur le coup. Le Commandant KANYAMIBWA en sort gravement blessé. Les combattants du FPR seront boutés en dehors du territoire national le 30 octobre 1990 via Kagitumba pour regagner leur sanctuaire en Ouganda. En juin 1991, un avion civil de type Boeing 707 appartenant à la Compagnie zaïroise SCIBE-ZAIRE survole la région frontalière entre le Rwanda, le Zaïre et l’Ouganda au niveau des volcans Sabyinyo et Gahinga. Il est atteint par les tirs anti-aériens provenant de la forêt couvrant ces volcans et à partir desquels le FPR lance désormais ses opérations de guérilla après le fiasco de la guerre classique qu’elle avait adoptée au Mutara. Le pilote parviendra à poser l’avion à Goma au Zaïre et il n’y a eu heureusement aucune victime. La compagnie SCIBE-Zaïre appartenait à l’homme d’affaires zaïrois BEMBA Saolona. Il se trouvait être un parent par alliance du Président MOBUTU. Quand son avion fut la cible du FPR, MOBUTU venait d’être remis en scelle sur la scène internationale pour servir de médiateur dans le conflit rwandais. Il ne rêvait que de ça après sa mise en quarantaine consécutive au sommet de La Baule. Après quelques timides protestations, la compagnie SCIBE-ZAÏRE classera le dossier sans suite jusqu’à sa faillite tandis que l’OIAC (Organisation Internationale de l’Aviation Civile) n’a même pas osé exiger une enquête sur cet incident grave. Le 13 février 1993, quelques jours après la rupture du cessez-le-feu par le FPR, un hélicoptère Ecureuil piloté par le Capitaine Silas HATEGEKIMANA est envoyé en mission de ravitaillement des unités du secteur Kirambo (Ruhengeri). Il n’a pas de co-pilote. Soudain, il signale qu’il essuie des tirs. L’hélicoptère est touché. Il s’écrase au sol dans la commune Cyeru. Le pilote est tué sur le coup. Toute tentative d’approcher le lieu de l'impact de l'hélicoptère au sol se heurta aux tirs de barrage du FPR. Ce n’est que plusieurs semaines après le crash que le corps du Capitaine Silas HATEGEKIMANA fut dégagé de l’épave. Après la signature du cessez-le-feu en avril 1993, la commune de Cyeru fut incluse dans la zone démilitarisée qui fut placée sous le contrôle du GOMN (Groupe d’Observateurs Militaires Neutres) d’abord puis de la MINUAR (Mission des Nations-Unies pour l’Assistance au Rwanda) après la signature des Accords d’Arusha en août 1993. Ni le GOMN ni la MINUAR n’ont voulu faire une enquête ni faire un rapport sur cet incident survenu pourtant dans sa zone de responsabilité. En septembre 1993, l’hélicoptère de type Gazelle piloté par le Sous-Lieutenant MAZIMPAKA avec comme co-pilote le Sous-Lieutenant MBARUBUKEYE s’écrase près de Kiziguro en commune Murambi, préfecture Byumba. Il avait à bord deux autres passagers. Tous seront tués sur le coup. L’hélicoptère s’est écrasé avant d’atteindre le Poste de Commandement du secteur opérationnel Mutara alors qu’il devait y déposer la solde de militaires sur le front dans la région. Cette zone était réputée pour être infiltrée par des combattants du FPR. Tous ces actes commis le plus souvent en temps de paix ou en dehors des zones de combat et destinés plus à frapper l’opinion qu’à obtenir un quelconque avantage militaire répondent bien à la définition d’ « actes terroristes ». Ceux commis en temps de guerre tombent sous le coup des Conventions de Genève de 1949 et surtout de leurs protocoles additionnels de 1977 qui engagent aussi les mouvements armés comme l’était le FPR. Pourtant, tous ces crimes terroristes abominables sont restés jusqu’à ce jour impunis. Les criminels au sein du FPR n’ont jamais été jugés pour ces actes et les familles des victimes n’ont jamais été indemnisées. Comble d’ironie et de cynisme, Paul Kagame a demandé et obtenu que la compagnie d’assurances qui avait couvert le Falcon 50 du Président HABYARIMANA qu’il a descendu le 06 avril 1994 lui verse les indemnités ! Le Burundi, pays souverain qui a perdu son Chef d’Etat dans cet attentat, n’ose même pas demander qu’une enquête officielle en bonne et due forme soit diligentée. Seul un courageux juge français, Jean-Louis Bruguière, a lancé des mandats d’arrêts internationaux contre 9 proches de Paul Kagame qui ont trempé dans cet attentat ayant coûté la vie à trois citoyens français. Malheureusement, jusqu’à ce jour, aucune arrestation n’a encore été opérée suite à son ordonnance. Plus étonnant, INTERPOL, pourtant basé à Lyon en France, fait de l’excès de zèle pour exécuter les mandats d’arrêts farfelus lancés par le régime de Paul Kagame contre ses opposants et ferme les yeux quand il s’agit d’arrêter les assassins des citoyens français. Après ce constat, on peut légitiment se poser la question de savoir si une certaine ‘‘communauté internationale’’ n’est pas complice des criminels qui se sont emparés du pouvoir au Rwanda depuis 1994. Emmanuel NERETSE
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